dimanche 27 février 2011

Les tendances du marché de l’immobilier en 2010 : l’interview de Jérôme Renaud

Publication vendredi, par l’Observatoire Immobilier d’Habitat, des résultats de ce secteur en 2010. L’occasion de rencontrer Jérôme Renaud, qui vient de succéder à Jean Marie Ebel à la présidence de l’Observatoire Immobilier, pour évoquer les grandes tendances des marchés du Neuf et de la Revente, ainsi que les perspectives 2011 pour le secteur Immobilier.

L’Observatoire Immobilier d’Habitat de la Côte d’Azur vient de présenter les chiffres de ce secteur pour l’année 2010. Rencontre avec son nouveau Président Jérôme Renaud qui vient de succéder à Jean Marie Ebel. Celui qui fût Président de la FNAIM Côte d’Azur de 2006 à 2009 nous dévoile les grandes tendances des marchés du logement neuf et de la revente, et évoque les perspectives de l’année 2011.

Quelles ont été les grandes tendances de l’Immobilier en 2010, d’abord sur le marché du logement neuf ?

On a assisté un nombre de transactions dans le neuf à peu prés égal aux années précédentes avec une augmentation des prix raisonnable de +3%. En revanche, ce qui est problématique c’est le stock de logements disponibles qui est à son plus bas niveau historique depuis 10 ans avec moins de 1 700 logements au 1er janvier 2011. C’est inquiétant car cela aura des conséquences sur l’avenir et sur les différents marchés de l’immobilier à court et à moyen terme.

Le marché de la revente s’est lui bien mieux comporté en 2010 ?

Oui, ce marché a connu une amélioration très significative puisque le nombre de transactions a bondi de 18% par rapport à 2009, sans pour autant que les prix ne s’envolent puisqu’ils ont augmenté en moyenne de 4% sur l’ensemble du département.

Cette bonne année s’explique en partie par un rattrapage par rapport aux années de crise ?

Oui, 2010 a été une année de rebond et, même avec ce volume de progression, on est encore loin des volumes des années 2006 et 2007, avant la crise.

Pour vous, globalement, l’insuffisance des stocks est préoccupante car lorsque l’offre existe, la demande peut s’exprimer sainement ?

C’est exactement ça. Le marché de l’immobilier est un résultat entre l’offre et la demande et, lorsque l’offre existe, la demande peut s’exprimer à condition que l’environnement économique soit favorable. Aujourd’hui, la demande est là tandis que l’offre est contrainte en raison notamment de la difficulté pour les promoteurs d’identifier du foncier disponible pour construire, ainsi que de la difficulté d’obtenir des permis de construire.

Vous semblez plutôt inquiet quant aux perspectives de l’immobilier en 2011 ?

Cela peut paraître paradoxal d’être inquiet avec les résultats qui sont les nôtres en 2010, mais nous sommes réservés en raison d’incertitudes quant à l’évolution des taux d’intérêt qui impactent le marché de l’immobilier. Ils sont déjà en légère progression en ce début d’année 2011 et, s’ils venaient à augmenter davantage, il est à craindre qu’il y ait moins d’acheteurs pour l’immobilier. Nous sommes également inquiets de la disparition de nombreux dispositifs de soutien.

67% des ventes dans le neuf sur du dispositif Scellier appelé à disparaître en 2012, il a effectivement de quoi être inquiet ?

Oui, notre plus grosse inquiétude concerne l’avenir du dispositif Scellier. Il doit effectivement disparaître en 2012 et aujourd’hui nous sommes dans l’inconnu quant à un éventuel dispositif de remplacement, ce qui est problématique pour les promoteurs qui ne savent pas comment organiser leurs programmes qui sont pourtant en train de sortir.

Le logement pour actifs est depuis longtemps un point noir dans le département, est ce que la situation s’améliore ?

Non la situation ne s’améliore pas, elle reste constante. Cependant il faut souligner qu’il reste toujours possible de ce loger dans les Alpes-Maritimes puisque 60% du parc de la revente est disponible à moins de 4 000 euros/m2, ce qui est à peu près le plafond que peuvent dépenser les actifs pour se loger.

Mipim à Cannes : la mixité urbaine en vedette

Un même lieu pour vivre, travailler, faire du shopping ou du tourisme : c'est l'une des tendances fortes que le marché international de l'immobilier, du 8 au 11 mars au palais des festivals, mettra en lumière à travers la présentation de projets mixtes d'envergure un peu partout dans le monde.

Situé à proximité du fleuve Hudson, de Chelsea et de Hell’s Kitchen, Hudson Yards est amené à devenir, selon Michael R. Bloomberg, maire de New York, "l’une des destinations les plus dynamiques de New York".

La mixité urbaine ! Au Mipim de Cannes (8 au 11 mars), le projet Hudson Yards illustre bien ce qui représente une tendance forte du nouveau monde immobilier. Sur 60 000m2 du plus important terrain inexploité au coeur de Manhattan ce projet a été conçu pour créer une destination unique où l’on pourra aussi bien travailler, que faire du shopping, vivre ou simplement visiter. Seront ainsi rassemblés des logements, des commerces, des installations culturelles, des bureaux, des hôtels, ainsi qu’une école publique. Le projet Hudson Yards, qui sera présenté sur la zone d'exposition du palais des festivals, prévoit également l’extension de la ligne 7 de métro permettant de relier le site à toutes les lignes de métro de Manhattan. C’est le cabinet d’architecture américain, Kohn Pedersen Fox Associates qui en présentera le concept et les facettes.

L'intégration dans l'environnement urbain

Ce n'est pas le seul projet mixte d'envergure ainsi mis en lumière. Le Mipim en présentera bien d'autres situés en Europe, en Asie, aux Etats-Unis ou au Moyen-Orient. Ils ont tous la particularité de combiner à la fois immobilier commercial, résidentiel, touristique et de bureau. Ce sont de véritables quartiers qui se fondent à la ville existante, intégrant les dimensions urbaines liées à l’environnement, à l’offre de services et à l’accessibilité.

"L’interaction des constructions dans leur environnement urbain s’inscrit dorénavant dans leur ADN. En effet, tout projet immobilier doit désormais prendre en compte sa connexion au réseau de transports, de gestion des déchets, d’énergie, d’eau, ainsi que la qualité de vie de ses utilisateurs. Les villes en particulier sont d’autant plus exigeantes que leur voix est primordiale pour la viabilité du projet", explique Filippo Rean, directeur de la manifestation. Un credo de mixité qui, sur la Côte d'Azur, oriente également les projets de l'Ecovallée à Nice ou de Sophia Antipolis.

L'accent mis sur l'investissement immobilier

Durement touché par la crise en 2009 avec une baisse de fréquentation de 40%, le Mipim avait commencé à se relever l'an dernier. L'édition 2011 accentue cette reprise. Bon signe pour les organisateurs de Reed Midem : les investisseurs et les établissements financiers tels que AG Real Estate, GE Capital Real Estate, Pramerica ou Unicredit Group - Hypovereinsbank rejoignent les rangs des exposants. Ce signal est interprété comme marquant la volonté des investisseurs d’être visibles sur le salon et d'engager une stratégie plus active dans leur recherche d’investissements immobiliers

Parmi les nouveautés proposées sur le MIPIM 2011, la session, intitulée ‘Investor’s Power Meetings’ réunira une sélection de 30 investisseurs actifs sur des marchés matures comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Scandinavie et les Pays-Bas. Autre nouveau format, les ‘Investment Lab’, un cycle de six ateliers interactifs qui passeront en revue les opportunités de marchés à fort potentiel comme l’Egypte, le Brésil, l’Amérique Latine, l’Afrique du Sud et la Turquie. Le programme de conférences du MIPIM sera également largement orienté sur le thème de l’investissement.

Parmi les nombreuses sessions du programme, plusieurs seront notamment consacrées à l’analyse de la stratégie de développement de différentes catégories d’investisseurs. Enfin, des conférences feront un état des lieux de certains territoires tels que la Pologne, la Fédération de Russie, l’Europe Centrale, l’Italie, la France, d’un point de vue de l’investissement immobilier.

Une journée dédiée au Royaume-Uni

Quelques temps forts aussi à noter. Ainsi la journée du mercredi 9 mars sera dédiée au Royaume-Uni. A l’aube de 2012, année où le Royaume-Uni accueillera les Jeux Olympiques dans sa capitale, Londres et ses consoeurs britanniques présentent un attrait tout particulier pour les investisseurs internationaux. Le MIPIM 2011 a voulu rendre hommage à un pays qui a figuré dès les premières années parmi les trois pays les plus représentés au Marché International de l’Immobilier. Un programme de conférences officiel proposera des conférences axées sur l’attrait des villes britanniques et l’investissement immobilier au Royaume-Uni.

Autre temps fort : les Mipim Awards. Chaque année depuis plus de 20 ans, ils récompensent des projets immobiliers selon cinq catégories distinctes : Centres d’affaires, Immeubles de bureaux rénovés, Immeubles d’habitation, Hôtels et centres touristiques, Constructions écologiques. Les 15 nominés – soit trois projets par catégorie- ont été sélectionnés en janvier par un jury international composé d’illustres personnalités du secteur immobilier. Les gagnants, eux, seront élus par les professionnels de l’immobilier présents à Cannes, et seront révélés lors de la cérémonie de remise des Prix le 10 mars dans le Grand Auditorium du Palais des Festivals de Cannes.

+d'infos

www.mipim.com